Jeudi.
C’est vraiment ma journée préférée
de la semaine. C’est encore mieux que vendredi. Je crois que c'est peut-être l’habitude des
nombreuses soirées fortement alcoolisées du jeudi aux Foufs que j’attendais toujours avec
impatience dès les premiers maux de tête du vendredi matin.
Vous souvenez-vous de la frénésie des Foufs? L’empressement
d’arriver dans la queue avant 9h pour ne pas commencer l’attente au coin du magasin de lunettes, la peur de perdre ses pieds complètement gelés par les heures
interminables d’attente, les bouteilles d’Appleton and coke à finir avant de
rentrer, le stress d’apprendre par cœur le nom, la date de naissance, le signe
astrologique et l’adresse du ou de la propriétaire de la fausse carte qui
allait nous faire rentrer entre ces murs sacrés, les 4 coupons pour les bières,
les toilettes du sous-sol et bien entendue, la pizza Madona à 3h du matin. Je
me demande encore comment cet endroit est devenu le repère des mineurs et des très
jeunes majeurs en soif de remix de musique pop, de danses lascives et de shooters
de tequila cheap? La proximité du 281? Les géants avec des tatoos de l’entrée? Les
sans-abris qui trainaient toujours juste à coté des portes en barreaux de métal
(Annie, je sais que ça, c’était ta raison!), le coté trash d’un bar à tendance
punk-rock-métal ou les quatre Budlights gratuites? Quelque soit la raison qui
explique la religieuse présence de ce que la rive-sud et la rive nord avait de
mieux comme spécimens et même, même quelques real montréalais, je suis persuadée que ce sont les
souvenirs des soirées insensées passées dans ce bar qui font du jeudi, ma journée
préférée.
Donc, vu qu’aujourd’hui est supposé être cette
fameuse journée préférée et que le ciel est nuageux, que mon humeur est
massacrante, qu’il n’y avait plus de papier de toilette dans la toilette que
j’ai utilisée, que j’ai mal au cœur et que je sais toujours pas quoi manger pour
souper, je me suis dit qu’il n’y avait que la musique qui pouvait aider la
journée à se rapprocher de ce qu'elle devrait être.
Tout d’abord, Pantha du Prince, qui va
surtout plaire à Will et Annie
… et une chanson extrêmement commerciale et quétaine,
mais j’aimais les paroles. Will je m’excuse. C’est mon cote féminin romantique
qui a pris le dessus.
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